Conférence de presse du 13 juin 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/06/13

Q : Récemment, l'Union européenne (UE) a publié une déclaration sur l'amendement des ordonnances par le gouvernement de la région spéciale de Hong Kong, faisant savoir que l'amendement pourrait avoir des conséquences à long terme sur Hong Kong et ses habitants. Pensez-vous que cette déclaration est un souci normal ou que ce sont des remarques irresponsables de la part de l'UE ?

R : Je réponds toujours à des questions similaires depuis quelques jours. Comme nous l'avons dit à maintes reprises, les affaires de Hong Kong sont purement des affaires intérieures de la Chine. Aucun pays, organisation ou individu n'a le droit d'y intervenir. La Chine exprime son vif mécontentement et sa ferme opposition aux commentaires irresponsables et erronés de l'UE sur l'amendement à Hong Kong. Nous demandons à l'UE d'envisager l'amendement en question de manière juste et équitable, de faire preuve de prudence dans ses propos et ses actes, et de cesser de s'immiscer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures de la Chine sous quelque forme que ce soit.

Q : La Fondation George H.W. Bush pour les relations américano-chinoises a décerné à l'ancien Président américain Jimmy Carter le Prix George H. W. Bush for Statesmanship in US-China Relations, le 12 juin au Centre Carter à Atlanta. Ce prix est décerné aux personnes ayant apporté une contribution significative au développement des relations constructives et mutuellement avantageuses entre la Chine et les États-Unis. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : J'ai lu ce reportage. Il y a 40 ans, les dirigeants chinois et américain, prenant en compte les intérêts fondamentaux des deux peuples et faisant preuve d'une vision stratégique et d'un courage politique extraordinaires, ont pris la décision historique d'établir des relations diplomatiques entre les deux pays, ouvrant une page nouvelle dans les annales des relations sino-américaines. En tant que personne concernée et témoin de cet événement historique, M. Carter a toujours œuvré à la promotion des relations sino-américaines pendant son mandat de président et après son départ à la retraite. Nous en exprimons notre appréciation.

Pendant les quatre dernières décennies, les relations sino-américaines ont connu des hauts et des bas et ont enregistré des progrès historiques, apportant des avantages considérables aux deux peuples et promouvant la paix, la stabilité, le développement et la prospérité dans le monde. Cette expérience de 40 ans prouve que la Chine et les États-Unis, deux grands pays complètement différents en matière d'histoire, de culture, de système social et d'idéologie, peuvent tout à fait réaliser le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant sur la base du non-conflit et de la non-confrontation.

Nous avons noté qu'un grand nombre de personnalités clairvoyantes américaines, y compris M. Carter, ont appelé l'administration américaine à considérer de manière objective le développement socio-économique de la Chine et à faire aboutir la coopération bilatérale à plus de résultats positifs.

Nous espérons que l'administration américaine tiendra sérieusement compte de ces appels rationnels et pragmatiques, et tirera les expériences du développement des relations sino-américaines pendant 40 ans, de sorte que les divergences ne posent pas d'obstacle aux échanges et à la coopération. Nous espérons que la partie américaine travaillera avec la Chine pour élargir la coopération sur la base des bénéfices mutuels, gérer les divergences sur la base du respect mutuel, faire progresser conjointement les relations sino-américaines marquées par la coordination, la coopération et la stabilité, dans l'intérêt du mieux-être des deux peuples et des peuples du monde.

Q : Le gouvernement central soutient-il la police de Hong Kong qui a dispersé les manifestants devant le Conseil législatif hier ?

R : Le chef de l'exécutif et les responsables compétents de la région administrative spéciale de Hong Kong ont déjà publié des déclarations sur la situation la plus récente, soulignant que ce qui s'est passé à Admiralty n'est pas un rassemblement pacifique, mais une émeute flagrante organisée.

L'opinion publique générale de Hong Kong s'oppose à toute action qui porte atteinte à la prospérité et à la stabilité de Hong Kong, et aucune société civilisée régie par la loi ne peut tolérer les comportements illégaux qui dévastent la paix et la tranquillité et défient la loi. Le gouvernement central chinois condamne vivement tout acte de violence sous toutes les formes et soutient le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong pour traiter cela conformément à la loi.

Q : L'Asia Society Policy Institute, un think tank américain, a récemment publié un rapport intitulé Navigating the Belt and Road Initiative. Basé sur les discussions politiques menées par l'Asia Society Policy Institute avec les pays partenaires de l'initiative « la Ceinture et la Route » et ses visites sur le terrain, le rapport a hautement apprécié l'objectif et l'importance de l'initiative « la Ceinture et la Route » et a présenté ses points de vue et ses suggestions quant à la mise en œuvre de l'initiative. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

R : Vous devez savoir qu'en général, nous ne faisons pas de commentaires spécifiques sur les reportages des médias et les points de vue de think tanks, d'experts et de chercheurs. Je ne ferai donc qu'une réponse de principe.

Nous avons noté ce rapport. À mon avis, ce rapport montre que l'initiative « la Ceinture et la Route » attire l'attention d'un nombre accru de personnalités clairvoyantes. Le rapport a également reconnu le rôle positif de l'initiative « la Ceinture et la Route » dans la promotion de l'interconnexion des infrastructures et de la croissance économique des différents pays. En ce qui concerne les remarques et les suggestions proposées dans le rapport, je pense que les départements chinois concernés y accorderont une grande importance et les étudieront avec tout le sérieux qui s'impose.

Je voudrais profiter de cette occasion pour souligner que, depuis le lancement de l'initiative « la Ceinture et la Route » il y a six ans, plus de 150 pays et organisations internationales ont signé des accords de coopération avec la Chine, avec un nombre croissant d'amis qui y adhèrent. Au cours du 2e Forum « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale, la Chine a publié le rapport intitulé Construisons ensemble l'initiative « la Ceinture et la Route » : Progrès, contribution et perspectives, présentant le consensus et les progrès obtenus dans la mise en œuvre de l'initiative « la Ceinture et la Route », et avançant des conseils pour un développement de haute qualité. La Chine et les différentes parties ont rendu publics plusieurs documents tels que L'analyse-cadre sur la durabilité de la dette dans le cadre de l'initiative « la Ceinture et la Route », L'Initiative de Beijing pour l'intégrité de la Route de la Soie et L'Initiative de coopération sur la Route de la Soie innovante, qui ont tous traduit la volonté de la Chine de travailler ensemble avec les autres parties pour promouvoir conjointement la construction de « la Ceinture et la Route » en recueillant amplement les avis des différentes parties et en valorisant les points forts de chacune des parties, selon le principe des consultations, de la coopération et des bénéfices partagés.

Enfin, je tiens à souligner que le principe des consultations, de la coopération et des bénéfices partagés est le seul moyen permettant de réaliser un développement de grande qualité pour l'initiative « la Ceinture et la Route ». Le multilatéralisme est au cœur de ce principe. L'initiative « la Ceinture et la Route » est une initiative ouverte et inclusive, à laquelle tous les partenaires partageant les mêmes idées peuvent adhérer. La Chine entend travailler de concert avec les autres parties pour renforcer la coordination des politiques, faire progresser la mise en œuvre des résultats du forum, créer activement des partenariats planétaires pour l'interconnexion et réaliser de nouveaux progrès dans la coopération internationale de haute qualité dans le cadre de l'initiative « la Ceinture et la Route ».

Q : Premièrement, selon des sources d'information, le gouvernement vénézuélien et l'opposition s'entretiennent en Suède cette semaine. La Chine y enverra-t-elle des représentants ? Deuxièmement, le créateur de l'application de messagerie cryptée « Telegram » a déclaré que l'application était frappée par une cyberattaque d'origine chinoise, et que cela était lié à la manifestation à Hong Kong. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : En ce qui concerne votre première question, je ne suis pas au courant des détails que vous avez mentionnés. Ce que je peux vous dire, c'est que la Chine est disposée à maintenir la communication avec les autres parties pour promouvoir les pourparlers de paix, rechercher conjointement un règlement pacifique de la question vénézuélienne et préserver la paix et la stabilité au Venezuela et dans la région.

S'agissant de votre deuxième question, je ne suis pas au courant de ce que vous avez dit. Ce que je peux dire, c'est que la Chine s'oppose toujours aux cyberattaques sous toutes les formes et qu'elle-même en est aussi victime. Nous sommes toujours d'avis que la communauté internationale doit défendre conjointement la cybersécurité par le dialogue et la coopération sur la base du respect mutuel, de l'égalité et des avantages réciproques.

Q : Pour la première fois, le Président américain Trump a réagi à l'amendement de l'ordonnance sur les criminels fugitifs par le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong. Un porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que le Président Trump pourrait en parler avec le Président Xi Jinping lors de leur rencontre au sommet du G20 à Osaka. Récemment, des membres du Congrès américain ont déclaré qu'un projet de loi biparti serait présenté sur les droits de l'homme et la démocratie à Hong Kong, pour pousser l'administration américaine à reconsidérer le statut de Hong Kong. Le gouvernement central craint-il que l'amendement affecte la confiance de la communauté internationale sur Hong Kong ? Comment évaluez-vous l'impact de cet amendement sur Hong Kong à l'échelle internationale ?

R : Ces derniers jours, j'ai répondu plusieurs fois à des questions relatives à la rencontre entre les Chefs d'État chinois et américain en marge du sommet du G20 à Osaka, question mentionnée par la partie américaine. Nous avons noté que les États-Unis ont déclaré publiquement et à plusieurs reprises qu'ils souhaitaient prévoir une rencontre entre les deux Chefs d'État lors du sommet d'Osaka. S'il y a des nouvelles spécifiques à cet égard, nous les publierons en temps voulu.

S'agissant de la dernière prise de position des États-Unis concernant Hong Kong, comme je l'ai dit tout à l'heure, les affaires de Hong Kong relèvent purement des affaires intérieures de la Chine. Nous nous opposons fermement à l'ingérence de tout pays, organisation ou individu. Nous exhortons les États-Unis à envisager de manière objective et impartiale l'amendement à l'ordonnance par le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong, à faire preuve de prudence dans leurs propos et leurs actes, et à cesser de s'immiscer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures de la Chine, sous quelque forme que ce soit.

Quant au principe d'« un État, deux systèmes » et à la confiance internationale sur Hong Kong, je peux vous assurer que depuis le retour de Hong Kong à la souveraine chinoise, les principes dits « un État, deux systèmes », l'administration de Hong Kong par les Hongkongais et l'autonomie de haut degré ont été fidèlement mis en œuvre. La région administrative spéciale de Hong Kong a conservé sa prospérité et sa stabilité et reste l'une des économies les plus libres du monde et l'une des régions les plus compétitives, selon les critères d'un grand nombre d'institutions internationales. Les craintes que cet amendement ébranle la confiance de la communauté internationale sur Hong Kong sont totalement vaines.

Q : Selon le bureau du Premier Ministre canadien, la Chine s'était abstenue de répondre à la demande du Premier Ministre Justin Trudeau de discuter avec le Premier Ministre Li Keqiang de l'arrestation de deux Canadiens arrêtés en Chine. Et le mois dernier, la chef de la diplomatie canadienne a déclaré qu'elle avait demandé un entretien téléphonique avec le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi, mais en vain. Cela signale-t-il un gel diplomatique entre Beijing et Ottawa ?

R : Je n'ai pas entendu parler de ce que vous dites. Ce que je peux vous affirmer, c'est que les difficultés actuelles auxquelles font face les relations sino-canadiennes sont complètement causées par la partie canadienne, qui doit en assumer la pleine responsabilité. Nous espérons que le Canada tiendra compte des préoccupations solennelles de la Chine, que le Canada libère immédiatement Mme Meng Wanzhou, qu'elle retournera saine et sauve en Chine et que des mesures concrètes seront prises pour faire revenir rapidement les relations sino-canadiennes sur la bonne voie.

Q : Quel a été le nombre le plus élevé de manifestants à Hong Kong ces derniers jours ?

R : Je vous conseille de vous renseigner auprès du gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong pour plus d'informations à ce sujet.

Q : La Chine et le Vanuatu, pays insulaire du Pacifique, ont récemment signé un accord portant sur l'étude de faisabilité en vue de la construction d'un port dans le pays. Les services de renseignement américains craignent que ce ne soit un port à double usage, militaire et civil. Pourriez-vous donner quelques détails à ce sujet ?

R : Je ne suis pas au courant de ce que vous dites. Ce que je peux dire, c'est que la Chine entretient des relations de coopération d'amitié avec des pays insulaires du Pacifique, y compris le Vanuatu. L'assistance et le soutien chinois au développement de ces pays ont été chaleureusement appréciés et très bien accueillis par les populations de ces pays.

Comme nous l'avons souligné à plusieurs reprises, la Chine se réjouit de voir d'autres pays contribuer véritablement au développement des pays insulaires pour le mieux-être de leurs populations. Il vaut mieux prendre des mesures concrètes que de douter de la contribution de la Chine.

Q : La Chine craint-elle que, si la manifestation à Hong Kong se poursuit, le Conseil législatif puisse apporter des réajustements à l'amendement aux ordonnances ?

R : Le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong a présenté à plusieurs reprises la question de l'amendement. Autant que je sache, le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong a largement sollicité l'opinion publique sur l'amendement et a ajusté le projet deux fois en réponse active aux suggestions.

Pour ce qui concerne les dispositions spécifiques liées à la prochaine étape de l'amendement, je vous conseille de vous informer auprès du gouvernement de Hong Kong. Ce que je veux souligner, c'est que le gouvernement central chinois appuie fermement le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong dans son travail pour faire avancer l'amendement des deux ordonnances.

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