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Dai Bingguo participe à la réunion sur la sécurité alimentaire en marge du dialogue entre les dirigeants du G8 et de pays en développement
2009-07-10

Le 10 juillet, le Conseiller d’Etat Dai Bingguo a participé, en sa qualité de représentant du Président Hu Jintao, à la réunion sur la sécurité alimentaire en marge du dialogue entre les dirigeants du G8 et de pays en développement, à L’Aquila en Italie.

Dans son discours, le Conseiller d’Etat Dai Bingguo a souligné que la flambée des cours mondiaux des céréales pendant la première moitié de l’année 2008 avait gravement compromis le développement de beaucoup de pays en développement et surtout des pays africains, et pesait désormais lourdement sur le processus de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Certes, on constate une baisse des cours mondiaux des céréales à présent, mais ces cours restent toujours élevés, et les risques latents sur la sécurité alimentaire, toujours importants. Beaucoup de pays s’inquiètent d’une éventuelle grave crise alimentaire à laquelle fera face le monde après la crise financière internationale.

Les pays en développement, en particulier les pays africains, souffrent d’une base socio-économique relativement sous-développée et d’une faible capacité de résistance. Si la crise financière internationale nuit à leur développement, la crise alimentaire, quant à elle, conditionne leur survie. Les répercussions de la crise alimentaire sont plus directes pour les pays en développement, notamment les pays africains, et ont un caractère plus général, plus durable et plus destructif. Une crise alimentaire non seulement affectera la vie quotidienne de la population pauvre dans le monde, mais également compromettra les efforts des pays en développement pour lutter contre la crise financière et promouvoir la reprise économique, sans parler des graves problèmes sociaux et sécuritaires qui en découleront.

Selon Dai Bingguo, la communauté internationale doit considérer et traiter le dossier alimentaire comme une question qui touche à la survie et au développement de l’Humanité. Elle doit mettre en place un système de garantie de la sécurité alimentaire assurant en même temps la prévision de la crise, le macro-contrôle et le secours d’urgence, et élaborer une stratégie de sécurité alimentaire globale, coordonnée et durable. Pour ce faire, la Chine entend avancer les propositions suivantes :

Premièrement, équilibrer l’offre et la demande des céréales. Nous devons, tout en poursuivant la lutte contre la crise financière internationale et la promotion de la reprise économique, accroître les investissements dans la production agricole, renforcer la coopération agricole internationale, mener la R&D scientifique et surmonter les goulots d’étranglement techniques, augmenter la production céréalière, assurer l’approvisionnement en céréales et maintenir un équilibre global entre l’offre et la demande des céréales.

Deuxièmement, équilibrer les rapports entre le développement agricole et les assistances agricoles. Les pays en développement doivent tenir compte de leurs réalités nationales pour améliorer sans cesse la productivité agricole et atteindre un niveau plus élevé de l’autosuffisance céréalière. Les pays développés et les organisations internationales doivent, sur la base du respect de l’autonomie des pays bénéficiaires, accroître leurs assistances agricoles aux pays en développement, surtout aux PMA, et leur prêter soutien dans les domaines financier, technologique, intellectuel, du marché et des crédits.

Troisièmement, équilibrer les intérêts respectifs et communs. Nous devons, d’une part, assurer l’approvisionnement en céréales et promouvoir le développement agricole dans chacun de nos pays, et d’autre part, lutter contre le protectionnisme et veiller à améliorer l’environnement du commerce international des produits agricoles. Les pays développés sont appelés à faire preuve de plus de sincérité dans les négociations agricoles du cycle de Doha et de plus de souplesse en matière de réduction des subventions agricoles.

Quatrièmement, équilibrer les rapports entre la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire. L’exploitation et l’utilisation de la bioénergie sont en rapport étroit avec la sécurité alimentaire et la sécurité énergétique. La surexploitation de la bioénergie consommera trop de ressources céréalières, mais la renonciation à l’utilisation de cette énergie aggravera la crise énergétique. Nous devons, à condition de garantir la sécurité alimentaire planétaire, veiller à exploiter et à utiliser la bioénergie de manière durable, en respectant le principe de sauvegarde des cultures vivrières et des champs céréaliers.

Dai Bingguo a indiqué que le problème céréalier est au fond une question de développement. Seul le développement permet aux pays en développement, notamment aux pays africains, de régler fondamentalement la crise alimentaire. Actuellement, les conséquences de la crise financière internationale pèsent de plus en plus sur le développement de l’Afrique. Si nous ne prenons pas de mesures énergiques en temps utile, les fruits du développement africain, obtenus au prix des grands efforts, risqueront de se réduire à néant. Pour aider les pays africains à éviter d’éventuelles conséquences de la crise, nous devons, en priorité, agir dans les domaines suivants.

Premièrement, améliorer l’environnement extérieur des pays africains. Ces derniers ont besoin non seulement du financement, mais aussi d’une marge de manœuvre politique. Les autres pays sont appelés à faire des efforts dans les domaines politique, économique, financier et commercial afin d’améliorer l’environnement extérieur du développement de l’Afrique. La communauté internationale devra travailler au maintien de la paix et de la stabilité en Afrique et jouer un rôle constructif dans la recherche des solutions par les Africains eux-mêmes à leurs divergences et conflits ; promouvoir l’établissement d’un nouvel ordre financier international qui soit juste, équitable, inclusif et ordonné pour garantir à l’Afrique un financement fluide et dynamiser le développement économique et le commerce extérieur des pays africains ; soutenir les efforts de l’OMC en matière d’aide au commerce et s’opposer au protectionnisme pour permettre au cycle de Doha d’aboutir à des résultats complets et équilibrés.

Deuxièmement, multiplier les aides à l’Afrique. Malgré la propagation et l’approfondissement de la crise financière internationale, les aides à l’Afrique doivent augmenter au lieu de diminuer. Il revient aux pays développés d’assumer la responsabilité principale pour honorer leurs engagements en matière d’aide publique au développement. Les pays en développement doivent également élargir et approfondir leur coopération avec l’Afrique. Il est important que la communauté internationale concrétise les consensus dégagés lors du Sommet du G20 à Londres en matière d’augmentation du capital des institutions financières internationales, de réduction ou d’annulation de dettes, de financement au commerce et de crédits préférentiels de sorte que les nouvelles ressources profitent en priorité aux pays en développement et aux pays africains en particulier, et les aident à sortir de la crise et à développer l’économie.

Troisièmement, renforcer les capacités de l’Afrique. C’est en comptant sur leurs propres forces que les pays africains parviendront à développer l’Afrique. Les aides extérieures ne sont qu’un choix d’urgence, alors que seul le renforcement des capacités intérieures permet de sortir de la pauvreté. Ces dernières années, les pays africains ont obtenu des progrès remarquables dans le renforcement de la gouvernance d’Etat et la promotion de la croissance économique. L’Union africaine et le NEPAD sont devenus des étendards symbolisant les efforts des pays africains visant à s’unir pour accroître leur puissance. Dans le contexte de la crise financière internationale, la communauté internationale devra intégrer ses aides dans le renforcement des capacités des pays africains et associer ses projets d’assistance avec le transfert technologique et la formation du marché afin de renforcer les capacités de l’Afrique à se développer.

Selon Dai Bingguo, la Chine attache une grande importance à l’agriculture, et surtout à la sécurité alimentaire. Sa politique de sécurité alimentaire est basée sur l’autosuffisance nationale et complétée par l’import-export pour répondre à la demande de diversification intérieure et à l’équilibre des stocks. Avec 9% des terres arables du monde, la Chine a réussi à nourrir 20% de la population mondiale, ce qui constitue sa plus grande contribution à la sécurité alimentaire mondiale. Depuis de nombreuses années, la Chine produit plus de 95% des céréales qu’elle consomme, et son exportation nette des principales céréales, telles que le blé, le riz et le maïs, atteint en moyenne 8 millions de tonnes par an, apportant ainsi sa part de contribution pour garantir l’approvisionnement céréalier dans le monde et stabiliser les cours mondiaux des céréales. La Chine garantit également une grande liberté du commerce des produits agricoles, et les droits douaniers appliqués en Chine représentent seulement un quart de la moyenne mondiale. Jusqu’à présent, la Chine a réalisé ou est en train de réaliser une vingtaine de centres pilotes agricoles et a décidé de porter ce nombre à 30. L’année dernière, elle a décidé de doubler le nombre des experts et techniciens agricoles envoyés à l’étranger, de former pour les pays en développement quelque 3 000 spécialistes agricoles et de mettre à la disposition de la FAO un fonds fiduciaire de 30 millions de dollars US.

La Chine a fourni aux pays en développement, aux pays africains en particulier, des aides dans la mesure de ses possibilités dans le cadre de la coopération Sud-Sud. L’aide chinoise à l’Afrique est sincère, ouverte, gagnant-gagnant et sans aucune conditionnalité politique. A travers cette coopération, la Chine ne vise pas à s’ingérer dans les affaires intérieures d’autrui ni à porter atteinte aux intérêts des autres pays. Cette coopération profite non seulement à la solidarité et à la coopération entre les pays en développement, mais également à la paix et au développement du monde entier. Après l’éclatement de la crise financière internationale, le gouvernement chinois, autant que ses possibilités le permettent, a augmenté ses aides à l’Afrique, réduit les dettes des pays africains, élargi le commerce et les investissements sur le continent et travaillé activement à la concrétisation des huit mesures annoncées lors du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) visant à renforcer la coopération pragmatique avec l’Afrique et à appuyer le développement des pays africains. Nous allons travailler en commun avec nos amis africains pour assurer le succès de la 4e Conférence ministérielle du FCSA qui se tiendra au 4e trimestre de 2009.

Ont été présents à la réunion les dirigeants du G8 et les dirigeants de certains pays en développement, y compris ceux de pays africains.

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